Mosset : un conflit environnemental autour de la collecte des ordures ménagères
En 2023, la commune de Mosset se retrouve au cœur d’un conflit opposant élus et citoyens concernant la collecte des ordures ménagères. Une pétition lancée par les habitants s’oppose à la suppression de cette collecte dans les hameaux, recueillant près de 3 000 signatures pour un village de 330 habitants. Les signataires dénoncent le refus des élus d’engager un dialogue constructif sur le sujet.
Au printemps de la même année, la municipalité a initié un projet de création d’un nouveau site de containers enterrés pour la collecte des déchets, en bordure de la route départementale 14. Ce projet implique la suppression de containers existants à La Carole, un hameau de Mosset, et l’interdiction de passage pour les véhicules de plus de 3,5 tonnes sur la route communale menant à Campôme, en raison de dégradations constatées.
Bien que le projet soit reconnu comme ayant des fondements valables, de nombreux habitants critiquent le manque de concertation préalable, en violation des procédures prévues par le Code Général des Collectivités Territoriales (CGCT). Ce manque de communication a donné lieu à une série d’actions, comprenant des contestations formelles, des démarches judiciaires et des demandes de régularisation.
Des plaintes ont été déposées contre la commune pour non-respect du droit à l’information des habitants et pour des possibles conflits d’intérêts liés à l’échange de parcelles dans le cadre du projet. La communauté de communes Conflent-Canigo, à qui Mosset a délégué ce service, est également interpellée, mais se dégage de toute responsabilité en affirmant suivre les décisions de la municipalité.
Sylvain Dorval, un habitant et lanceur d’alerte, a soulevé des questions sur la régularité des financements liés au projet. Il a demandé des documents à la mairie pour clarifier la situation, mais n’a reçu que peu d’informations. Il a également signalé une absence de plaques informatives sur le site des travaux, ce qui pourrait indiquer un manque de transparence dans le processus.
Le conflit s’intensifie, avec une audience judiciaire prévue pour le 4 juin, tandis que Dorval doit faire face à une astreinte de 10 euros par jour depuis le 15 avril pour des questions de conformité administrative.
Cette situation illustre les tensions croissantes entre les élus locaux et les citoyens, reflétant des préoccupations plus larges sur la gouvernance locale et la gestion des ressources environnementales.
Source : L.M.





